La construction de l’Arc de Triomphe de l’Étoile est un projet initié par Napoléon en 1806, pour honorer la Grande Armée. Le monument, symbole de la réconciliation nationale, sera achevé seulement sous la Monarchie de Juillet en 1836. Quatre ensembles sculptés sont prévus pour les deux faces de l’Arc : Le Départ des Volontaires de 1792, Le Triomphe de Napoléon, La Défense du sol et La Paix. Ce haut-relief évoque donc cet épisode de la Révolution où la patrie est déclarée en danger, et où, face à la coalition européenne, on en appelle aux volontaires civils pour défendre la République. Rude opère ici une synthèse des formes et des inspirations classiques et antiques (torses traités d’après des modèles antiques, nudité héroïque, armements gallo-romains...) et du souffle romantique qui règne à cette époque. La prééminence du mouvement, l’élan apporté au traitement des foules et la déformation du visage de l’allégorie sommitale offrent une toute nouvelle manière de traiter cet épisode. Cette œuvre iconique est devenue un symbole du patriotisme : le Génie de la Liberté est communément appelé la Marseillaise, puisque très tôt on l’a identifié au chant de Rouget de l’Isle qui a galvanisé les troupes françaises en 1792.
